Les trajectoires sur le sec

Comme toutes les autres disciplines sportives, les sports mécaniques et le karting en particulier nécessitent une certaine technique pour comprendre et progresser dans la discipline. Il est donc question de techniques de pilotage qui ne sont d’ailleurs pas toutes spécifiques au karting mais aussi à l’ensemble des véhicules à quatre roues. Prenez le temps de lire cet article, cela sera, nous l’espérons, autant de temps gagné sur le chronomètre une fois en piste! Persuader quelqu’un de réapprendre à vraiment conduire et à piloter n’est pas toujours chose aisée. A partir du moment où l’on possède son permis de conduire, on a la certitude de totalement maîtriser son véhicule, chacun étant meilleur conducteur que son voisin évidemment, cette certitude se renforçant avec les années de conduite. Mais une fois sur un circuit, cette certitude a tendance à s’effriter, car la maîtrise d’un véhicule à la limite n’est pas habituelle, ni aisée. Il faut donc assimiler au mieux ces techniques de pilotage qui vous permettront de vous contrôler ainsi que votre kart en ayant même une marge de sécurité. Après, rien ne remplace la pratique pour affiner toujours plus ces techniques qui deviendront alors des automatismes vous permettant d’évoluer au maximum des performances de votre mécanique.

Trajectoire:

Définition: "Ligne définie par un point matériel, en mouvement, de son point de départ à son point d’arrivée". En clair, c’est la ligne que suivra le véhicule en ligne droite, mais aussi et c’est ce qui nous intéresse, de l’entrée du virage jusqu’à la sortie de celui-ci.

  1. Pour aller vite, la théorie est simple:
  2. Aller le plus vite possible en ligne droite.
  3. Freiner le plus tard possible avant le virage.
  4. Perdre le moins de temps possible dans le virage lui- même.
  5. Surtout, ressortir de celui-ci le plus vite possible.
  6. Plus, accessoirement, rester sur la piste...

Si la théorie est simple, la pratique l’est beaucoup moins, tous ces objectifs n’étant pas facilement compatibles entre eux. Pour réussir le meilleur compromis, il faut absolument appliquer la technique de la conduite en "trajectoires". En circuit, cette trajectoire nécessite d’utiliser toute la largeur de la piste disponible. En pratiquant de cette façon, vous allez augmenter le rayon du virage et ainsi diminuer la force centrifuge lors du passage en courbe, ce qui vous permettra d’augmenter votre vitesse à ce point précis. Une fois cet aspect acquis, il faut partager le virage en trois points ou trois temps, (voir schéma 1)

 

 D’instinct, à la vue d’un virage, on a tendance à s’y engager très tôt avec un faible angle de braquage. Ainsi, votre vitesse d’entrée de courbe peut être élevée puisque le rayon de votre trajectoire est à ce moment-là très faible. L’affaire se corse lorsque le virage arrive vraiment: comme vous avez déjà infléchi votre trajectoire, vous allez toucher le point de corde très tôt, et pour franchir la courbe, vous allez être obligé de surbraquer au milieu de celle-ci et de décélérer pour ne pas sortir trop large de cette portion de circuit. Cette situation vous met donc dans l’incapacité de réaccélérer dans de bonnes conditions (voir schéma 2), pénalisant par la même votre vitesse de sortie de virage, et donc votre vitesse de pointe si vous devez attaquer une ligne droite.

Le problème posé est donc celui de la détermination du bon point d’attaque et du bon angle de braquage. Une fois ces deux points bien définis, le virage ne posera plus de problème, vous permettant ainsi de freiner tard et de réaccélérer tôt avec une efficacité optimum.

Cas de figures

Nous pouvons classer les virages en trois types, chacun se distinguant par leur rayon ou courbure.

  • La courbe (voir schéma 3): La courbe est un virage avec un rayon très faible autorisant une vitesse de passage très élevée. Plus la vitesse est grande, plus il faudra braquer tôt: il faut anticiper le virage, c’est à dire anticiper en fait la dérive provoquée par la vitesse et la force centrifuge qui y est liée.